Comité franco-allemand des historiens

Le 5e prix de thèse du Comité a été décerné, lors de l'AG du 30 septembre 2016,
à Marion Aballéa pour sa thèse: „Un exercice de diplomatie chez l’ennemi : l’ambassade de France à Berlin 1871-1933“

En savoir plus

A VOIR

Petit tour des blogs d’histoire germanophones

Le professeur Christian Baechler vous informe de la publication de son dernier ouvrage :
Professor Christian Baechler informiert Sie über die Veröffentlichung seines neuesten Werkes:

Christian Baechler, Guerre et exterminations à l’Est. Hitler et la conquête de l’espace vital 1933-1945,
Paris, Tallandier, 2012, 600 p. – ISBN : 978-2-84734-906-1

L’opération Barbarossa de juin 1941 est non seulement un moment essentiel de la Seconde Guerre mondiale, elle est aussi un élément central de l’idéologie hitlérienne et de la politique du Troisième Reich. De Mein Kampf au Testament politique, en passant par le Second livre, Hitler affirme la nécessité de conquérir l’espace vital à l’Est pour donner une base solide au Reich millénaire. La politique de restructuration de la population — classement, transfert, extermination—, commencée dès 1939 dans les territoires polonais incorporés au Reich et poursuivie dans les territoires conquis sur l’URSS à partir de 1941, est un début de concrétisation de l’utopie hitlérienne, de l’élaboration d’un modèle de société, une société inégale, selon les « lois de la nature », dominée par la race supérieure, où l’individu n’existe qu’en fonction de la communauté nationale et de ses fins. La « solution de la question juive », obsession de Hitler et d’une partie de son entourage, fait partie intégrante du programme de restructuration raciale du fait même de la place de l’« antirace » dans l’idéologie. La guerre à l’Est n’est pas une guerre « ordinaire », c’est la guerre pour la réalisation de l’utopie avec pour conséquence l’exaltation de la barbarie guerrière. En s’appuyant sur les recherches les plus récentes, qui ont montré que les chefs militaires ont très largement adhéré au concept de la croisade contre le « judéo-bolchevisme » et de la guerre d’anéantissement à l’Est, l’auteur précise la part de la Wehrmacht dans les crimes et s’interroge sur les responsabilités des Allemands en général.

Das Unternehmen Barbarossa im Juni 1941 ist nicht nur ein Hauptmoment des 2. Weltkrieges, es spielt auch eine zentrale Rolle in der hitlerischen Ideologie und in der Politik des III. Reiches. Von Mein Kampf bis zum Politischen Testament wie auch im Zweiten Buch, bekräftigt Hitler, wie unumgänglich die Eroberung des Lebensraums im Osten sei, um dem “Tausendjährigen Reich” eine feste Basis zu gewähren.  Mit den seit 1939 eingegliederten  polnischen Gebieten und den ab 1941 in den der UdSSR abgewonnenen Territorien forgesetzten bevölkerungspolitischen Umstrukturierungen — Aussortierung, Vertreibung, Vernichtung —, beginnt die Konkretisierung der hitlerischen Utopie : Ein auf Ungleichheit beruhendes, den “Naturgesetzen” unterworfenes, von der “Herrenrasse” beherrschtes Gesellschaftsmuster,  in dem das Individuum außerhalb der Volksgemeinschaft und deren Ziele keine Lebensberechtigung besitzt. Aufgrund des Stellenwertes, den die “Anti-Rasse” in der Ideologie einnimmt,  ist die “Lösung der Judenfrage”, auf die Hitler und Teile seiner Gefolgschaft fixiert waren, ein integrierter Bestandteil des eine rassistische Hierarchie anstrebenden Programms.  Der Feldzug im Osten ist kein “normaler” Feldzug, es geht um die Verwirklichung der Utopie mit der Folge, dass die Barbarei verherrlicht wird. Unter Berücksichtigung der neuesten Forschungsarbeiten, denen zufolge das hohe Militär weitgehend den Plan sowohl des Kreuzzuges gegen den “jüdischen Bolschewismus” als auch des Vernichtungskrieges im Osten bejahte, arbeitet der Autor den Anteil der Wehrmacht an den Verbrechen heraus und geht der Frage der Verantwortung der Deutschen nach.

Christian Baechler, professeur émérite d’histoire de l’Allemagne à l’université de Strasbourg, est l’auteur d’une œuvre abondante. Citons, en dernier lieu, Guillaume II (2003) et L’Allemagne de Weimar (2007).

Print Friendly, PDF & Email