Comité franco-allemand des historiens

Le 5e prix de thèse du Comité a été décerné, lors de l'AG du 30 septembre 2016,
à Marion Aballéa pour sa thèse: „Un exercice de diplomatie chez l’ennemi : l’ambassade de France à Berlin 1871-1933“

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Guerre froide/ Kalter Krieg

La France et la dénazification de l’Allemagne après 1945

Colloque international
22–23 mars 2018

Deutsches Historisches Institut Paris / Institut historique allemand
8 rue du Parc-Royal, 75003 Paris

Centre des Archives diplomatiques
3 Rue Suzanne Masson, La Courneuve


Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et à la suite des accords de Potsdam (juillet–août 1945), les Alliés mettent en œuvre, dans leur zone d’occupation respective en Allemagne et en Autriche, une politique de « dénazification » destinée d’une part à sanctionner les nazis et d’autre part à démocratiser la société allemande. Dans ce cadre, une épuration est menée, qui comprend plusieurs dimensions (judiciaire, administrative, professionnelle). Cette épuration est complexe à appréhender, car elle a été dirigée de manière différente par les Alliés malgré leur accord initial à Potsdam et l’expérience commune du procès de Nuremberg (1945/46). Même à l’Ouest, en dépit d’une tendance grandissante à l’homogénéisation des pratiques épuratoires, notamment dans l’association des Allemands eux-mêmes à l’entreprise, la dénazification ne fut jamais uniforme selon les régions et les secteurs professionnels.

Ce colloque aura pour objectifs de dresser un bilan historiographique sur la politique de la France à ce sujet, de présenter les sources disponibles, inédites ou méconnues, en France et en Allemagne, et de dégager de nouveaux axes de recherches. Un regard croisé avec la contribution d’archivistes des Länder permettra de dresser ce panorama. On s’en tiendra à analyser les processus de dénazification dans la seule ZFO, tout en adoptant une démarche comparative afin d’en mettre en lumière les éventuelles spécificités.


Programme

Jeudi 22 mars 2018
Institut historique allemand
8 rue du Parc-royal, 75003 Paris

14:00    Accueil des participants

14:15     Prof. Dr. Thomas Maissen (directeur de l’IHA), Mot de bienvenue

14:30    Dr. Marie-Bénédicte Vincent (ENS), Introduction: La dénazification: un processus à multiples dimensions

15:00–16:30 Les dimensions de la dénazification de l’Allemagne

Présidence: Dr. Stefan Martens (IHA)

Dr. Matthias Gemählich (Universität Mainz), Von der deutschen »Kollektivschuld«. Die französische Anklage im Nürnberger Prozess gegen die Hauptkriegsverbrecher 1945/46

Prof. Dr. Corine Defrance (CNRS / LabEx EHNE), Frank Hüther (Universität Mainz),  Un nouveau personnel pour une nouvelle université? Les défis du recrutement des enseignants à Mayence (1945–1949)

Dr. Jürgen Finger (IHA), Une élite apolitique dans une économie politisée? La dénazification des entrepreneurs

16:30   Pause-café

17:00–19:00  Table ronde: Deutsche Ministerien und Behörden und der Nationalsozia­lismus. Stand und Perspektiven der Forschung

Présidence: Dr. Corinna Franz (Stiftung Bundeskanzler-Adenauer-Haus)
Prof. Dr. Dominik Geppert (Universität Bonn)
Prof. Dr. Stefan Creuzberger (Universität Rostock)
Commentaire: Dr. Marc Olivier Baruch (EHESS)

19:00   Verre de l‘amitié


Vendredi 23 mars 2018
Centre des Archives diplomatiques
3 Rue Suzanne Masson, La Courneuve
Inscription obligatoire à l’adresse suivante: lecture.archives@diplomatie.gouv.fr
Apporter une pièce d’identité

09:30  Hervé Magro (directeur des Archives diplomatiques), Mot de bienvenue

9:45  Table ronde: Les sources de la dénazification

Présidence: Florence De Peyronnet-Dryden (Archives nationales)
Dr. Kurt Hochstuhl (Landesarchiv Baden-Württemberg, Staatsarchiv Freiburg i. Br.)
Dr. Peter Wettmann-Jungblut (Saarländisches Landesarchiv)
Dr. Walter Rummel (Landesarchiv Speyer
Dr. Michael Martin (Landeshauptarchiv Koblenz)
Sébastien Chauffour (Archives diplomatiques)

11:00  Pause-café

11:30    Les procédures de la dénazification

Présidence: Dr. Marie-Bénédicte Vincent (ENS)

Anton F. Guhl M.A. (KIT Karlsruhe), Entnazifizierung als Sprechakt. Zur Identitätskonstruktion durch Fragebogen und Persilschein

Prof. Dr. Mikkel Dack (Syracuse University), Questioning the Defeated: Denazification Mechanics in the French Occupation Zone

12:30  Pause midi / visite du Centre des Archives diplomatiques

14:00  Études de cas présentées par les élèves du département d’histoire de l’ENS
Valentin Bardet, Gabrielle Laprevote, Coline Peron, Éric Presme, Marius Bruneau

15:00  Les secondes carrières

Présidence: Prof. Dr. Hélène Miard-Delacroix (Sorbonne-Université)

Dorothee Gräf (RWTH Aachen), Umfassende Entnazifizierung der Polizei im französisch besetzten Süd-Baden: Kontinuität auf dem (Rück-)Weg zur Demokratie?

Esther Heyer M.A. (LMU München), Vorteil oder Nachteil für die Entnazifizierung? Die Arbeit von Franziskus Graf Wolff Metternich im deutschen militärischen Kunstschutz in Frankreich

Gunnar Mertz M.A. (Universität Wien), Entnazifizierung im alpinen Raum der französischen Besatzungsszone Österreichs

16:30  Conclusion : Prof. Dr. Rainer Hudeman (Sorbonne-Université)
17:00  Fin du colloque


En savoir plus: www.dhi-paris.fr

Télécharger le programme en pdf

Organisation:
Direction des Archives du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (Archives diplomatiques)
Institut historique allemand de Paris (IHA)
École normale supérieure (ENS)
LabEx Écrire une histoire nouvelle de l’Europe (EHNE),
Stiftung Bundeskanzler-Adenauer-Haus, Bad Honnef-Rhöndorf

Appel à communications
Allemagne année Zéro : repenser la modernité artistique à l’aube de la Guerre froide
Journées d’études pluridisciplinaires
Université Paris-Est – Centre de recherche Littératures, Savoirs et Arts (LISAA)
Paris, mercredi 25 et jeudi 26 juin 2014
Fondation Lucien Paye, 45 boulevard Jourdan, Paris 15°
Responsables : Élise Petit, Geneviève Mathon
Comité scientifique : Pascale Alexandre, Marc Cerisuelo, Martin Laliberté
* * *
8 mai 1945 : la signature de la capitulation sans conditions de l’Allemagne met fin à près de treize années du régime hitlérien et sonne l’« Heure Zéro » (Stunde Null). C’est dans ce contexte que les trois puissances alliées (États-Unis, Union Soviétique, Grande-Bretagne), bientôt rejointes par la France, amorcent la reconstruction de l’Allemagne. Partagée en quatre zones, elle est théoriquement gouvernée indépendamment, avec pour objectif néanmoins commun la démocratisation. Malgré des positionnements idéologiques antagonistes, la reconstruction de l’Allemagne est envisagée par tous sous l’angle de la rupture radicale avec le passé. Afin d’extirper les germes idéologiques, une vaste entreprise de « dénazification » est lancée, à laquelle s’ajoute celle de « rééducation » ou de « réorientation ». Complice d’un régime ayant, au nom de la pureté raciale, basculé dans la barbarie et la folie meurtrière autodestructrice, le peuple allemand fait l’objet de politiques visant à le « purifier » et à « épurer » la société dans son ensemble.
Cette « épuration » s’applique rapidement au système éducatif, aux administrations, à la langue allemande et aux arts eux-mêmes. Au premier plan, la musique, instrumentalisée et exploitée par le régime hitlérien. La nouvelle pureté recherchée, avant tout politique, se traduit dans un premier temps par un engouement pour des styles musicaux et des compositeurs stigmatisés par le régime hitlérien comme « dégénérés ». Parallèlement à ces premières tentatives de réhabilitation, la création musicale est encouragée, à l’Ouest comme à l’Est, pour permettre l’avènement d’une musique « vierge », irréprochable.
À l’Ouest les acteurs culturels, particulièrement les Américains, aspirent à réunir artistes et intellectuels autour de la réflexion sur la naissance d’une nouvelle musique pour reconstruire une identité européenne sur des valeurs communes. À l’Est, bien que la relation des communistes staliniens à la musique diffère de celle des nazis dans les intentions originelles, des écueils aux résultats parfois convergents apparaissent.
La découverte de l’horreur absolue, symbolisée par Auschwitz, a entraîné une « rupture de civilisation » qui s’exprime par des langages artistiques totalement repensés (esthétique du traumatisme). Si cette rupture est réelle en 1945, elle ne doit néanmoins pas occulter l’enjeu politique dont est rapidement investie la neue Musik : après quelques mois d’une unité de façade interalliée, les tensions idéologiques mènent à l’inévitable conflit de la Guerre froide et les politiques artistiques se radicalisent rapidement d’un camp à l’autre.
Les années 1945-1949 en Allemagne doivent donc être envisagées comme l’articulation complexe entre des ambitions esthétiques de rupture totale par rapport à un passé immédiat et de nouveaux enjeux idéologiques, géopolitiques et stratégiques.
* * *
Bien que principalement centrées sur le champ musical, ces journées d’études offriront également une large place aux autres domaines artistiques.
Les propositions de contribution s’inscriront dans l’une des thématiques suivantes :
–         Politiques artistiques dans les différentes zones d’occupation
–         Discours politiques et artistiques sur la modernité (1945-1949)
–         Esthétique du traumatisme
–         La « nouvelle musique » par opposition au nazisme
–         La « rééducation » par les arts
–         Arts et propagande à l’Ouest ou à l’Est à l’heure de la Guerre froide
Les actes de ces journées d’études donneront lieu à la publication d’un ouvrage collectif.
Les propositions (titre et résumé de 3000 caractères maximum), assorties d’une courte biographie et bibliographie, sont à adresser à Élise Petit (Elise.Petit@u-pem.fr).
Date limite de soumission : 30 mars 2014

Un siècle d’histoire allemande à travers la biographie de Willy Brandt

Donnerstag, 12. Dezember 2013, 18 Uhr, im DHIP

Buchvorstellung anlässlich der Publikation von Hélène Miard-Delacroix, Willy Brandt, Paris,  (Fayard) 2013.

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Podiumsdiskussion mit Hélène Miard-Delacroix (Universität Paris-Sorbonne), Wilfried Loth (Universität Duisburg-Essen) moderiert von Christian Wenkel (DHIP).

» Einladung

Jeudi 12 décembre 2013, à 18h, à l’IHA

Présentation de livre à l’occasion de la parution d’Hélène Miard-Delacroix, Willy Brandt, Paris (Fayard) 2013.

Table ronde avec Hélène Miard-Delacroix (université Paris-Sorbonne), Wilfried Loth (université de Duisburg-Essen) modérée par Christian Wenkel (IHA).

» Invitation

libre d’accès sur réservation préalable, et, dans la limite des places disponibles.

Nouvelle parution

Hélène Miard-Delacroix, Willy Brandt, Paris, Fayard, 2013, 328 p.

C’est un Allemand qui a traversé le XXe siècle, témoin de ce que l’Allemagne y a fait de pire et acteur de son rachat et de son relèvement – sans jamais être un héros idéal. Homme de pouvoir et de succès, Willy Brandt a été accusé d’indignité et victime de trahisons, humain en somme. Il fut résistant au nazisme dans les années 1940, anticommuniste durant les années 1950, maire de Berlin-Ouest lors de la construction du Mur en 1961, et, en 1969, le premier social-démocrate à devenir chancelier dans la République de Bonn.
Prix Nobel de la paix pour son Ostpolitik, l’image de cet homme à genoux devant le mémorial du ghetto de Varsovie a fait le tour du monde.
C’est l’histoire d’un fils de personne qui s’exila tout jeune en Norvège pour combattre la Wehrmacht, et consacra sa vie à la social-démocratie et à son désir d’Europe. Son autorité fut incontestable quand le Mur tomba et que cessa la guerre froide. Cette histoire est aussi celle d’une génération d’Allemands. Beaucoup ont vu en lui ce qu’ils auraient peut-être
préféré être.

Professeur à la Sorbonne, spécialiste de l’histoire de l’Allemagne contemporaine, Hélène Miard-Delacroix a notamment publié Le Défi européen. Histoire des relations franco-allemandes de 1963 à nos jours (2011).

competence_dewplayersHélène Miard-Delacroix a participé à l’émission Concordance des temps de Jean-Noël Jeanneney, sur France-Culture, sur le thème:

   L’Europe au gré de l’Allemagne ?
à écouter sur le site de l’émission.

Voici une annonce susceptible d’intéresser en particulier les membres allemands du Comité:

La guerre froide vue d’en bas (1947-1967)

Colloque IHTP organisé sous la présidence de l’INSHS du CNRS et du Ministère de l’Éducation Nationale

Jeudi 6 et vendredi 7 juin 2013

Auditorium Marie Curie – Campus Gérard Mégie
3 rue Michel Ange – 75016 Paris.

coll_Guerre_Froide-en-bas_2013

La Guerre Froide ne fut-elle qu’un phénomène géopolitique,
analysable à l’échelle des seuls rapports internationaux ? N’y a-t-il de compréhension de la Guerre Froide qu’à travers l’action des leaders des grandes puissances ou au prisme des conflits périphériques témoignant de la délocalisation des tensions ? Faut-il se résoudre à considérer la Guerre Froide du seul point de vue de la confrontation des blocs, tel un véritable combat de Titans dont les simples mortels seraient pour ainsi dire absents ?
Notre ambition était de partir à la recherche de la Guerre froide là où il est tradition de croire en son absence : en province, au niveau local, dans la diversité des territoires infra-étatiques, dans le tissu des interactions sociales qui se nouent à des échelles ignorées des relations internationales.
Notre hypothèse pouvait s’énoncer naïvement : est-il concevable qu’une période historique de trente ans qui vit s’instaurer un système mondial bipolaire, entraînant la planète dans un « équilibre de la terreur » fondé sur la doctrine de la dissuasion nucléaire avant de se prolonger dans « une coexistence pacifique », n’ait trouvé aucun écho dans les départements et régions ?
Cette recherche a donc reposé sur une double ambition. D’abord, retrouver de la Guerre froide ailleurs que là où elle est communément située, analysée, voire réduite. Ensuite, faire émerger une autre Guerre froide que celle élaborée par les seuls agents des relations internationales.
Nous avons fait l’hypothèse qu’une approche localisée de la Guerre froide permettrait de mettre au jour des modalités singulières dans la construction de ses représentations.
C’est ce singulier de la Guerre froide que nous avons voulu saisir en l’indexant aux particularités du local. Nos questionnements se sont organisés autour de deux principaux objectifs. En premier lieu, analyser comment le local se saisit de la Guerre Froide. En second lieu, étudier comment la Guerre Froide travaille le local, en lui fournissant par exemple un répertoire d’événements à recycler, à commenter, en fournissant des rhétoriques de guerre aisément exploitables lors de scrutins locaux, en propageant des affects (peur, haine, Schadenfreunde) susceptibles d’être mobilisés lors de manifestations diverses.

« Les émotions »
« La Mémoire au prisme de la Guerre Froide »
« Représentations »
« Les politiques municipales »

Pour inscription ou pour toute information complémentaire, vous pouvez nous joindre à l’adresse suivante :
coll.Guerre-Froide@ihtp.cnrs.fr

Colloque

Personnes déplacées et guerre froide en Allemagne occupée

23, 24 et 25 mai 2013

Goethe-Institut – 17 avenue d’Iéna, 75116 Paris
En allemand, français et anglais

Colloque organisé par l’IRICE (CNRS, Paris 1, Paris IV) et le Goethe-Institut
 Images de Vérité sur l’occupation_Documents illustrés contemporains_Paris Société des Éditions modernes

Ce colloque entend rendre compte de l’état des lieux et des nouvelles perspectives ouvertes dans l’étude des personnes déplacées (DPs) en Allemagne au lendemain de la seconde guerre mondiale. Trois angles d’approche seront privilégiés pour aborder les différentes dimensions de la question des DPs. Tout d’abord, nous invitons à analyser cette population comme objet de négociations et de tensions internationales, à l’heure du basculement de la sortie de guerre vers la Guerre froide. Un autre angle d’approche consistera à cerner les répercussions des enjeux internationaux sur les DPs eux-mêmes. Enfin, la conférence se propose d’étudier l’incidence de la question des DPs sur les enjeux géopolitiques, politiques et sociaux découlant de l’impératif de reconstruction de l’Allemagne.

Réservation conseillée au 01 44 43 92 30