Comité franco-allemand des historiens

Le 5e prix de thèse du Comité a été décerné, lors de l'AG du 30 septembre 2016,
à Marion Aballéa pour sa thèse: „Un exercice de diplomatie chez l’ennemi : l’ambassade de France à Berlin 1871-1933“

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Archives mensuelles : juin 2017

Une très belle cérémonie de remise du Prix de thèse du Comité s’est déroulée le 14 juin 2017 à l´Institut Historique Allemand de Paris, en présence de l´ambassadeur de l’Allemagne à Paris, M. Nikolaus Meyer-Landrut.

Marion Aballéa a été à de multiples reprises félicitée pour sa thèse « Un exercice de diplomatie chez l’ennemi : l’ambassade de France à Berlin 1871-1933 » soutenue en cotutelle sous la direction de Sylvain Schirmann (Strasbourg) et Matthias Schulz (Genève).

de g. à dr. : Prof. Th. Maissen, Prof. H. Miard-Délacroix, Prof. S. Schirmann, lauréate du Prix Marion Aballéa, Son Excellence l’ambassadeur N. Meyer-Landrut, Prof. G. Thiemeyer.

Ci-dessous quelques photos de la cérémonie et du cocktail qui a suivi.

      

La tenue de la dernière manifestation organisée dans le cadre de notre projet ANR/DFG « Anthropos »:
La conférence

« Saisir le terrain II – Médias de la connaissance de l’espace »,

se tiendra à l’université de Zurich du 15 au 16 juin 2017
(Université de Zu
rich, Rämistrasse 71, Kollegiengebäude (KOL-E-13 / Senatszimmer)).
Vous trouverez en pièce jointe le programme de la manifestation.
Programme_Colloque_Saisir le terrain II_Zurich Juin 2017

À l’invitation de l’ISEK – Cultures populaires et en collaboration avec le ZGW – Centre de l’histoire du savoir (Zentrum Geschichte des Wissens), le colloque « Saisir le terrain / Terrain und Kultur II » se propose de poursuivre les questionnements soulevés précédemment. Au centre de cette manifestation figureront les techniques et les médias utilisés dans la recherche scientifique consacrée à l’espace dans une perspective historique depuis l’institutionnalisation de disciplines spécialisées au cours du XIXe siècle (approche diachronique) et en interaction avec les évolutions sociales et techniques (approche synchronique). Contrairement à la recherche actuelle qui tend à limiter la médialité du savoir à la question des représentations (par exemple pour la cartographie et la photographie), on se concentrera ici, suivant une conception du savoir et de la science comme pratique inscrite dans des réseaux socio-matériels, sur le rôle de la matérialité et des pratiques d’un travail scientifique qui s’appuie sur des moyens techniques. Conçus comme des instruments axés sur la pratique, les médias du savoir permettant d’accéder à une connaissance de l’espace ne constituent pas seulement des phénomènes et des dynamiques spatiaux mais forgent, en raison de leur potentialité, des modes de penser ainsi que des méthodes et participent donc, au moins indirectement, à la production de savoir, à sa systématisation et à son agencement. Les représentations du rapport entre culture et espace véhiculées par les différentes disciplines ont de ce fait toujours été déterminées par l’utilisation des vecteurs pour appréhender, mesurer et décrire les objets d’étude. Les médias qui offrent aux disciplines des outils pour penser l’espace sont eux-mêmes, dans le cadre de processus de production de données scientifiques, l’expression de rapports de pouvoir – par exemple dans le contexte colonial et dans la gestion politique de territoires et d’individus. Inscrits dans des contextes d’exercice du pouvoir social, culturel ou politique, ils génèrent eux-mêmes des forces qui ont un impact sur l’objet (ou le « champ ») d’étude mais aussi sur les rapports aux autres agencements du savoir. Ils constituent ainsi des instruments du boundary work et contribuent à légitimer les épistèmes du savoir universitaire par rapport à d’autres formes de connaissances du monde. La réflexion en termes de techniques des médias et de leurs formats tout comme leur utilisation dans la communication du savoir sont générateurs de légitimité par le simple fait qu’ils se présentent comme les garants d’une évidence scientifique ayant presque valeur de preuve, en particulier dans la vulgarisation visuelle du savoir telle qu’on la trouve dans les publications, les musées et les expositions. La médialité est donc intrinsèquement liée aux généalogies de la compréhension de l’espace, tout autant que les conditions structurelles de l’intérêt porté au rapport entre terrain et culture et à la façon dont on peut le « saisir ».

Outre la rétrospective et l’analyse historiques qu’il entend proposer, ce colloque se conçoit comme un lieu d’échanges consacré aux discussions sur les évolutions récentes engendrées par la numérisation et la tendance à la virtualisation qui ont profondément modifié l’appréhension des fonds de savoir existants et des méthodes de sondage. On peut mentionner ici les possibilités de géoréférencement SIG de données analogues utilisées dans de nombreuses disciplines (atlas culturels, linguistique, etc.) et la porosité croissante entre les technologies de télédétection (remote sensing) et les objets d’étude et les interrogations en sciences humaines.

Conception et organisation : Jean-Louis Georget (Institut franco-allemand en Sciences historiques et sociales, Francfort-sur-le-Main/ École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris), Bernhard Tschofen et Christine Hämmerling (tous les deux à l’université de Zurich).

Parution de l’ouvrage collectif

Georget, Jean-Louis, Gaëlle Hallair et Bernhard Tschofen (dir.). 2017. Saisir le terrain ou l’invention des sciences empiriques en France et en Allemagne, Lille, Septentrion.

Au tournant des 19e et 20e siècles, le concept de terrain fit son apparition dans le domaine des sciences humaines et sociales tant en Allemagne qu’en France. Dans une situation de concurrence où de nouvelles disciplines essayaient à l’époque d’établir leur légitimité, la notion de terrain devenait une marque de scientificité indéniable. Si l’ethnologie, la géographie, la géologie, l’archéologie, la sociologie entretenaient un rapport étroit au « terrain » dans sa dimension spatiale, sociale et heuristique, elles le pratiquèrent de manière empirique avant d’en proposer une définition claire. Le présent ouvrage se propose d’explorer les différentes facettes de cette question centrale du terrain en l’envisageant dans ses rapports théoriques et expérimentaux, mais aussi dans ses méthodes et relais. Le succès de ce concept fut d’autant plus appuyé et couronné de succès que l’État sut très vite le mettre à son service en en faisant très précocement un outil politique majeur.

Parution du livre:

Hélène Camarade, Le tract, média du pouvoir et des contre-pouvoirs. L’exemple de l’espace germanique (XVe-XXe siècles),

Bordeaux, le Bord de l’eau, 2017, 156 p.
en librairie le 12 juin.

Utilisé traditionnellement par les autorités détenant le pouvoir, le tract s’est avec le temps imposé comme un média particulièrement prisé par les contre-pouvoirs qu’ils soient religieux, pendant la Réforme protestante par exemple, ou politiques, lors des révolutions de 1789, 1848 ou 1989, ou lorsqu’il est utilisé par des voix dissidentes au sein des partis. Il devient au fil des siècles un instrument de l’émergence d’une opinion publique et celui d’une reconquête de l’espace public par des mouvements de résistance quand celui-ci est contrôlé ou censuré par une dictature. Il est aussi utilisé comme un outil de guerre psychologique dès les guerres ottomanes et jusqu’aux deux guerres mondiales ou pendant la guerre froide.

En s’appuyant sur des recherches originales, l’auteure analyse les évolutions des caractéristiques formelles et fonctionnelles de ce média et propose une histoire du tract, ce média essentiel dans l’histoire politique germanique, mais aussi occidentale.

Hélène Camarade est professeure en études germaniques à l’université Bordeaux Montaigne et membre junior de l’Institut universitaire de France. Elle est spécialiste des phénomènes de résistance et des écrits de la résistance dans l’espace germanophone.

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